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Parc et jardins du château de Chaumont-sur-Loire

Chaumont © Domaine de Chaumont-sur-Loire

Henri Duchêne – 1884
Jacques Wirtz – 1992
Louis Benech – 2012

Entre Amboise et Blois, le château de Chaumont-sur-Loire se dresse fièrement en promontoire surplombant la Loire. La meilleure vue se fait depuis la route N152 : le château et une partie du parc paysager sont visibles, prenant place au-dessus des constructions du village bordant le fleuve.

Dès le Xe siècle, le Comte de Blois, Eudes Ier, fait bâtir une forteresse pour protéger Blois des attaques du Comte d’Anjou. Chaumont devient ensuite la propriété de la famille d’Amboise pour près de cinq siècles. En 1560, Catherine de Médicis, veuve du roi Henri II et régente du royaume de France, achète le château de Chaumont et contraint Diane de Poitiers, ancienne favorite du roi, à lui donner celui de Chenonceau en échange. Cette dernière y fait quelques travaux et y appose ses emblèmes au-dessus des mâchicoulis du chemin de ronde. Entre la fin du XVIe et le milieu du XVIIIe siècle, les propriétaires sont nombreux à se succéder. La physionomie actuelle du château lui est donnée au XVIIIe siècle par Jacques Donatien Le Ray, financier et humaniste engagé aux côtés de La Fayette pour l’indépendance des Etats-Unis. Il fait abattre l’aile nord du château pour ouvrir un belvédère sur la Loire. Il y installe en 1770 une verrerie, une manufacture de poterie et invite de grands artistes comme le sculpteur Nini qui réalise des médaillons de terre cuite. Madame de Staël y réside en 1810 avec Madame Récamier et le poète Aldebert von Chamisso. Elle nomme deux allées : « l’allée des explications » et « l’allée des réconciliations ». Au XIXe siècle, le château appartient successivement au comte d’Aramon, puis au vicomte Joseph Walsh. Ils y effectuent d’importantes restaurations. Un premier parc, dont certaines essences subsistent encore, est conçu par le comte d’Aramon, propriétaire du domaine en 1833. En 1875, Marie-CharlotteConstance Say, fille et héritière du richissime raffineur de sucre de canne Constant Say, achète le domaine. Elle se marie quelques mois après avec le prince Henri-Amédée de Broglie. Le couple ne cessera d’agrandir et d’embellir le domaine avec l’aide de l’architecte Paul-Ernest Sanson : restauration des extérieurs, modernisation des intérieurs (apport de l’électricité, du chauffage central, de l’eau courante) et construction des écuries. C’est de cette époque que datent les premiers grands travaux dans le parc. Dans les années 1880, les propriétaires entreprennent la refonte complète de leurs terres (2500 ha) et chargent l’architecte paysagiste Henri Duchêne de dessiner en 1884 un vaste parc paysager. Le potager, dont subsiste le réservoir, est alors déplacé au sud de l’actuelle entrée du domaine comme en témoigne la présence de l’orangerie entourée de murs clos. 

Chaumont – Henri-Duchene © Asso Henri Achille Duchêne-Fonds Duchêne
Chaumont – schéma plan Duchêne

Le parc du château accueille des essences du XIXe siècle, certaines très anciennes comme celles du mail à l’est du château. Il laisse deviner le tracé imaginé par Henri Duchêne dans les années 1880 : un relief doucement vallonné, des pelouses ceinturées par des allées curvilignes et diverses percées visuelles ménagées entre les masses boisées, vers le château, la forêt et la vallée de la Loire. De nombreux arbres – cèdres, séquoias, tilleuls, marronniers, platanes… – disposés en groupe ou isolés sur les pelouses cadrent les perspectives. Ces vues privilégiées, au nombre de huit, dont six vers le château, ont été voulues dès l’origine par Henri Duchêne. Le cimetière des chiens de la princesse de Broglie est créé à la fin du XIXe siècle à l’emplacement du cimetière communal. Henri Duchêne, pour masquer complètement ce cimetière autrefois clos, l’entoure d’un bosquet d’essences mixtes.

Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire est créé en 1992 à l’initiative de Jean-Paul Pigeat, directeur du Conservatoire International des Parcs et Jardins et du Paysage, et de la Région Centre avec l’appui du Ministère de la Culture et du Conseil Général du Loir-et-Cher. Situé dans la partie ouest du domaine, il est dessiné par Jacques Wirtz et comporte 26 parcelles, de 240 m² chacune, entourées de haies de hêtre et de charme. Le paysagiste belge a imaginé un tulipier où chaque feuille (parcelle) accueille un jardin contemporain. Le domaine de Chaumont-sur-Loire couvre une superficie de 32 hectares dont 10 ha pour le parc du Goualoup. Ce dernier, situé dans la partie ouest du domaine, accueille, depuis 2012, des jardins pérennes liés aux grandes civilisations du jardin. Le paysagiste Louis Benech a recréé un espace découvert pour y accueillir les créations d’architectes-paysagistes internationaux.

Acquis par la Région Centre en 2007, le Domaine de Chaumont-sur-Loire est devenu un lieu incontournable dans le domaine de l’art et des jardins. La triple identité du domaine : patrimoniale, artistique et jardinistique en fait un lieu singulier dans le circuit des châteaux de la Loire.

Louis Benech © louisbenech.com